La jeune fille et la mort
La jeune fille et la mort
La jeune fille contemplait la mer qui se déployait face à elle. Ce moment était plein de douceur et elle en gouttait l’instant présent : le doux bruit des vagues qui vont et viennent sur le sable, le frémissement léger des hautes herbes où elle se tenait debout dans les dunes. Parfois le cri d’une mouette venait troubler sa méditation. Mais elle l’accueillait, sans jugement et l’invitait même à la rejoindre.
Cela semblait être un moment d’éternité et pourtant les années passèrent et l’histoire ne dit pas ce qu’est devenu cette jeune fille qui contemplait la mer.
Pourtant la mer, elle, est toujours là, caressant inlassablement de ses vagues, cette plage de sable fin.
Les éléments naturels nous survivent. Mais nous, nous passons, nous trépassons même…
Car la mort est toujours au bout du chemin. Mystérieuse et énigmatique, tel un menhir dressé verticalement vers le ciel, lui aussi debout mais immobile et qui nous prive de la lumière du soleil couchant. Sombre, massif, inexorablement là… Une sépulture peut-être ? Un refuge ? Un lieu de transition dans l’espoir d’une autre vie ?
Ou encore la mort qui habite ce tombeau de marbre où gît un couple royal dont les visages juvéniles finement sculptés nous rappellent combien de bonheurs ensemble ils ont vécus.
Mais des anges veillent à leurs côtés dans l’attente de leur réveil, un jour, bientôt peut-être, qui sait ? Ils semblent les protéger, les rassurer, leur parler aussi…
La jeune fille qui contemplait la mer pensait elle à la mort qui se profile à l’horizon de toute vie ?
À moins qu’à ce moment précis, elle n’eût l’intuition d’une ouverture vers l’infini et qu’elle n’entendît comme un écho, la voix des anges qui lui murmuraient à l’oreille : « montre toi confiante »...
Y.B.
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