Je me souviens
Je me souviens Je me souviens de ce lointain pays où un rêve fou m’avait entraîné. Là où j’étais, pas de mer ni rocher, mais un fleuve tellement large qu’on distinguait à peine ses rives. C’était un peu comme une mer, calme et ondulante, sauf qu’elle n’était pas bleue, mais plutôt d’un vert émeraude, et où s’aventuraient quelques embarcations locales. Sur le rivage de ce grand fleuve, des temples et des statues faisaient office de phares. À la tombée de la nuit, des familles se rassemblaient, toutes générations confondues, car à cet endroit, il se passe toujours quelque chose le soir : des chants, des danses, des invocations, des feux scintillants qui s’allument ici ou là. Parfois, il arrivait qu’un convoi funèbre descende vers la rive, en procession. Au milieu du cortège, un brancard soutenu par des rondins de bois, était porté par quatre jeunes hommes. On pouvait y distinguer un corps revêtu d’un linge blanc et recouvert de gerbes de fleurs multicolores. Parvenu...