C'est un coin de rivière
Entre le pont et l'écluse
Frissonnant de jeunes peupliers
Aux portes de l'automne
Ici la pensée respire
Entre des lignes d'eau
Que la brise fait courir
Fragile étang
Sous la nue volatile
Miroir des cœurs à vif
Abrite mon ennui
Si plein
De promesses à venir
Car de rimes en rives
Les mots font ricochet
Gonflés d'une sève juvénile
Ils ont le vent en poupe
L'espoir en bandoulière
Applaudissez mes rêves
De toutes vos mains tendues
Quand le ciel se déchire
À l'embrasement du soir
Et dites aux choses du monde
Que la liberté ne se goûte
Vraiment
Que lorsque la nuit tombe
Sous le pont qui fige nos absences
Le temps file sa cadence
À mesure de nos pas.
L'oubli se love
Au creux d'un silence
Frémissant d'eau
Sous la voûte immobile
L'indicible murmure
De la vie s'écoule
À mi-chemin de nous
Mais nous sommes vides
De ce sang qui abonde
Affleure à nos pieds
Posés là sur la pierre.
Ce soir j'irai porter
Mes regards aux berges
Et baigner mon front
D'une onde ingénue
Sous l'aile d'un saule pensif
Je fixerai la lune
Et le dernier éclat du vertige
Au crépuscule.
Y.B.
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