Quand les mots s'épuisent à redonner vie
Comme à prier l'improbable retour
D'un nouvel ensoleillement
Quand ils reviennent obstinément
À la fenêtre close d'un cœur blessé
Telle la mouche printanière
Portant sur ses ailes les premières rosées
Quand d'eux naissent les pleurs
Où l'on croyait voir poindre l'espoir
Rêvant d'arc en ciel
À la chute des dernières pluies,
Quand ils se cherchent et se perdent
Dans l'abîme du non-sens
S'élancent,
Se rétractent
Risquent l'impossible défi
J'entends ma voix vibrer
D'un éclat illusoire
Puis s'échouer aux récifs de l'angoisse
Agonisant aux mortes eaux.
Y.B.
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