Vision nocturne

Ô fresque hallucinée

De ces murs intérieurs

Quand le feu nous prend à la dérive

Aux pieds de la digue ensanglantée de mer

Ils viennent des continents oubliés

Jeter l'ancre du soir

Les bateaux fous

De nos années lumières

Dressées sous l'hypnose de la nuit

Leurs voiles font un écran magique

Étourdissant d'images

Miroir d'enfance trouble

Déformant et muet

Le vrai visage du temps s'y dessine

Sous le drap des étoiles

Icône de vie et de mort,

Entre matière et conscience

Être ou néant

C'est un visage lunaire

Coiffée de brumes légères

Aux formes incertaines

Une chair suppliante et nue

Fondue dans un ciel de laine

C'est le spectre gracile de l’Éros endormi

Dans le silence originaire.

Y.B.

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