Retour de nuit

Nez collé à la nuit

Regard ourlé de fièvre

Paupières engourdies

J'interroge l'ombre

Derrière la vitre auréolée de givre

Pas une étoile

Pas un sourire

Ni lueur aux fenêtres des maisons

Une allumette craque pour un plaisir futile

Un adolescent rêve

Au fond d'un nuage bleu aux senteurs irritantes

Des paroles confuses de rires d'écoliers s'évanouissent

Dans le grondement sourd du moteur

Toute vie clandestine s'étouffe dans la monotonie

L'atmosphère nébuleuse des retours implacables

Même les pensées vivent en filigrane

Un gosse pleure en cachette parce qu'il rentre au collège

J'aimerais m'asseoir auprès de lui

Le consoler

Lui dire que la vie n'est pas complètement conne

Un vieillard sommeille contre la glace

Un autre me fixe sans me voir

D'un air morne et machinal

Il est lundi 6 heures

Juste avant le jour

Juste avant la vie

Et la vie me semble d'une platitude infinie

Plus triste que la mort...

Y.B.

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