La mort de Gavroche
La barricade fume
Et ruisselle du sang des miséreux
Armes et poings figés
Dans la moiteur putride
De cet air poudreux
La mort est à leurs pieds
Répandue
D’Enjolras la voix s’est tue
Et sur le pavé froid
Eponine gisante
Est presque nue
La garde en joue fait face
A l’enfant de misère
Il se relève
L’oiseau même blessé
Balbutie sa chanson
Le temps d’un rêve où l’on se dit encor
Que les hommes sont frères
Dernier combat
Aux lèvres l’insolence
Au cœur la liberté
Qui ne meurt pas
L’humanité titube
A ses pas suspendue
Dernier instant
De grâce épargnez-le !
Il danse dans le noir
Corps chancelant de l’ange funambule
Devenu point de mire
Ordre est donné
D’ouvrir le feu sur lui
Déjà le tumulte des armes
A craché son insulte
Malgré nos cris
La barricade fume
Et dans nos bras ensanglantés
Une étoile en haillons
Sous le ciel de Paris
S’est échouée.
Y.B.
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