Parole d’un soir

Une parole

Fût-elle aussi pâle

Qu'un visage de mort

Se peut-elle dire

Qui contienne ici même

Ce vertige

Cette étrange intuition

D'exister sans image fixe

Quel mot emprunté au langage des poètes

Traduira juste et clair

Ce mélange de vie et de mort

L'élan du désir et son déclin

Tout à la fois

Quand le regard porte dehors

Par la fenêtre ouverte

Et projette alentour sa lueur d'espérance

Il me semble demain déjà

Dès lors s'inaugure un possible devenir

Qui offre à mon attente

Une forme un objet

À la manière des choses qui s'énoncent

Mais les regrets

L'irréversible souvenir

Des souhaits qui ont avorté

Et qui gémissent encore

Retiennent inlassablement

Au mur de l'illusion

L'actualité des rêves a-vides.

Y.B.

Filigrane (1989)

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